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Fiche de lecture le travail d'éducateur spécialisé ethique et pratique de J. Rouzel

FICHE DE LECTURE Le travail d'éducateur spécialisé. Ethique et pratique I ­ PRESENTATION DU LIVRE Titre : “ Le travail d’éducateur spécialisé ­ Ethique et pratique. “ Auteur : Joseph Rouzel Première parution au cours du second trimestre de 1997 Seconde édition augmentée en Juin 2000 ­ 205 pages II ­ PRESENTATION DE L’AUTEUR Après avoir exercé de nombreuses années comme éducateur spécialisé, Joseph Rouzel est aujourd’hui psychanalyste en cabinet et formateur. Diplôme en ethnologie de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, DEA d’études philosophiques et psychanalytiques. Il est bien connu dans le secteur social et médico­social pour ses ouvrages et ses articles dans la presse spécialisée. Ses prises de position questionnent une éthique de l’acte dans les professions sociales et visent le développement d’une clinique du sujet éclairée par la psychanalyse. Il intervient en formation permanente, à la demande d’institutions, sur des thématiques, en supervision ou régulation d’équipes. Il intervient dans des colloques et anime des journées de réflexion, en France et à l’étranger. Il a créé et anime l’Institut Européen “ Psychanalyse et travail social “(PSYCHASOC). III ­ ETUDE DE L’OUVRAGE Dans une société en crise ou le métier d’éducateur est mis à mal, faute de reconnaissance, l’auteur nous propose de revenir à la source vive du métier : la clinique de la relation éducative. L’objectif de l’ouvrage est de formaliser cette pratique à travers laquelle les éducateurs ont, au fil des décennies, acquit un savoir et un savoir faire précieux, auprès des plus démunis, sans qu’ils puissent trouver un langage conceptuel commun pour rendre compte, et valoriser leur fonction. L’auteur prend donc le parti de conceptualiser les mots qui balisent le champ de la fonction d’éducateur, à la lumière du discours de la psychanalyse, car la psychanalyse, comme l’éducation spécialisée, placent le sujet au cœur de leur réflexion et de leur action. 1 ­ LA RELATION EDUCATIVE : Le travail d’un éducateur s’effectue au point de croisement entre l’individuel et le collectif. Deux choses viennent baliser la position de l’éducateur, la mission de l’institution auprès d’un certain public et financée à ce titre, et la demande de l’usager. Mais dans ce cadre, le travail éducatif se base sur la relation créée avec la personne accompagnée. Cette relation s’inscrit sur un fond d’affectivité, sous transfert. Le transfert désigne en psychanalyse, le processus par lequel les désirs inconscients s’actualisent sur certains objets dans le cadre d’un certain type de relation établi avec eux. Il s’agit d’une répétition de prototypes infantiles vécue avec un sentiment d’actualité marquée. Pour le travail éducatif, la personne accompagnée, suppose à l’éducateur un savoir, sur soi, la vie, le monde. Elle lui prête ce savoir La manœuvre du transfert, vise à détacher le transfert de son objet dans la relation, pour le diriger vers d’autres objets. Dans le travail éducatif, la manœuvre de transfert vise alors à déplacer la charge affective ( sous les deux versants de la haine ou de l’amour ) que supporte l’éducateur ( sujet supposé savoir ) vers d’autres objets d’investissement ( expression, travail, hébergement...). Il faut “transférer ce transfert “ car même si au début le transfert vers l’éducateur est un moteur, avec le temps il devient un frein. La place de l’éducateur est d’accompagner ce mouvement d’inscription dans la réalité que l’on peut voir à l’œuvre dans le travail éducatif sous la forme de l’autonomie. Mais pour que cela opère, l’éducateur doit être capable de désencombrer l’espace du transfert de ses propres projections, mouvements affectifs, projets et désirs pour l’autre. Les éducateurs sont trop souvent dans l’illusion de posséder le bon objet qui viendrait gommer la souffrance de l’autre, combler sa demande. 2 ­ LE PROJET EDUCATIF : L’action éducative se fait en relation, dont le champ est borné par des garde­fous, trois repères inséparables de l’acte éducatif : Le projet institutionnel et le projet individualisé, les médiations, la supervision d’équipe. Avec la réforme de 1989 des annexes XXIV, l’institution est resituée dans son contexte social et politique, et de nouvelles missions de “projet” et de “technicité” lui sont confiées en passant de la notion d’assistance, à celle d’autonomie comme objectif éducatif. La notion de projet est omniprésente dans le champ de l’action éducative. Bien loin d’une recette universelle, l’auteur propose une méthodologie du projet éducatif à partir de questions à repérer lors de l’élaboration d’un tel projet. −Quoi ? Il s’agit de nommer le projet de manière qu’il fasse sens rapidement auprès de ceux à qui il est proposé. − Quels constats ? Cela consiste en une analyse de situation. Il faut repérer la situation sur laquelle on veut agir (nouveau besoin, dysfonctionnement). C’est l’occasion de reparcourir le contexte dans lequel on exerce et de bousculer les différents niveaux de projet (associatif, institutionnel, d’équipe...). Il faut également faire l’inventaire des forces vives à disposition, et des obstacles. Ce temps d’analyse doit impliquer le plus largement possible les différents protagonistes pour qu’ils se saisissent du projet et qu’ils se positionnent. − Pour qui ? Que ce soit un groupe ou une seule personne, il s’agit de prendre en compte leurs difficultés et leurs ressources réelles. − Pourquoi ? Il faut repérer les finalités, c’est le moment de réaffirmer les grandes valeurs qui fondent l’institution et soudent les personnels, à travers un étayage théorique (autonomie, insertion...) et une réaffirmation de l’identité professionnelle dans le positionnement éducatif. − Pour Quoi ? Il s’agit de cibler des objectifs. Articuler de façon cohérente les raisons de la prise en charge et les moyens mis en œuvre pour y parvenir. Les objectifs deviennent alors des moyens pour arriver aux finalités. − Avec Qui ? Penser aux partenariats inter et extra institutionnels. Plus que de procéder à un passage de l’information de l’éventualité du projet, inviter chacun à s’y impliquer. − Comment ? Chiffrage complet des moyens humains, techniques, matériels, financiers... dont on dispose. − Quand ? Il s’agit de se poser des délais d’action et des échéances. Un projet se caractérise par des phases successives, d’élaboration, de réalisation, et enfin, d’évaluation.

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